Un épisode fou fou fou - Podcast #63
Où l'on parle de Metroid Prime 4 (avec mon avis en "bonus newsletter"), de Dragon Quest VII Reimagined, des 40 ans de Zelda, d'une série avec des écoliers aux têtes bizarres, etc. !
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Metroid Prime 4: Beyond est une suite à la dérive sur un océan de mauvaises décisions…
C’est Marc qui nous parle dans ce dernier épisode du podcast Pixel Bento, avec précision et l’oeil analytique du game designer, du dernier Metroid Prime. Un titre qui a divisé à sa sortie, mais qui s’en est finalement sorti sans trop d’égratignures, même si la “note du jeu” est finalement passée sous les 80% sur Metacritic.
Comme Marc a eu la gentillesse (vraiment, est-ce bien le mot ?!) de me prêter le jeu, je vais rapidement donner mon avis perso ici, après l’avoir terminé il y a quelques jours…
J’ai toujours adoré la série Metroid et j’ai été absolument conquis par son passage à la vue subjective sur Game Cube en 2002. Retro Studios, à qui les rennes 3D de la franchise ont été confiées, est parvenu à changer de perspective sans trahir le coeur de la saga et les piliers sur lesquels elle s’est construite. Le premier Metroid Prime est un miracle, tout simplement. Et surtout : une leçon de game design.

Metroid Prime 4 est aussi une leçon… à sa façon. Une leçon sur l’importance de la phase de pré-production, soit le moment où une équipe se pose et dresse sur papier les plans de son projet avant de commencer à le développer. C’est là, précisément, que l’on est censé aboutir à la conclusion que l’ajout d’un gigantesque désert en plein milieu de sa carte est une mauvaise idée. Parce qu’un jeu Metroid ne peut réellement s’épanouir et briller que lorsque Samus est confinée dans des niveaux aussi denses qu’étriqués.
C’est grâce à ce level design labyrinthique et multi-couches que la redécouverte progressive de ses pouvoirs se prête à une exploration à la fois organique et incroyablement satisfaisante. Cette idée du désert a entraîné celle de la moto qui sert à le traverser (à moins que ce ne soit l’inverse ? Dans les deux cas, dès le départ, l’oeuf est cuit et la poule déplumée !)... Et de cette moto, symptomatique (à mon humble avis) d’une phase de pré-production précipitée, est sans doute né le premier environnement du jeu, qui a bien failli me faire arrêter d’y jouer.

Trois gigantesques tours électrifiées, qui se ressemblent comme trois gouttes d’eau, où l’on doit parvenir à “débloquer” sa moto. Des décors démesurés, si terriblement vides et dépouillés… Des arènes en fait, typiques de la franchise Halo, qui semblent ici désincarnées. Parce qu’Halo est un First Person Shooter, là où Metroid Prime est un FPA - pour reprendre l’acronyme utilisé à sa sortie - soit un jeu d’aventure à la première personne.
Dans ces tours électriques, on passe son temps à prendre des ascenseurs sans mettre à profit l’incroyable mobilité de Samus, qui constitue pourtant le sel de la saga. Tout ça pour nourrir un désert qui durant mes 18 heures de jeu restera jusqu’au bout… pénible à traverser.

Pourtant, le Metroid Prime que l’on aime parvient par moments à pointer le bout de son grappin. L’environnement de glace (La Ceinture de Glace) est exactement ce que j’attendais de cette suite : de l’exploration riche et organique, entrecoupée de combats brefs et confinés, avec une ambiance oppressante et une légère emphase sur la narration environnementale.

C’est sans doute cela qui m’a le plus agacé. Un bon Metroid Prime est là, quelque part, enterré dans le sable ! Et seule sa tête affleure par instants, comme pour reprendre son souffle. Contrôler Samus est toujours aussi agréable par exemple, et c’est d’autant plus frustrant que ses capacités de déplacement soient parfois mises de côté, et que les équipes de Retro Studios se soient perdues dans leur désert.
Je vous laisse écouter l’excellente chronique de Marc pour une liste complète des défauts (son scénario…) et qualités du jeu (sa réalisation…) ! N’hésitez pas à partager votre avis en commentaires si vous avez joué à ce Metroid Prime 4 !
Le gros morceau, la partie "de luxe" de cet épisode - notre MATSU ! - est consacré aux 40 ans de The Legend of Zelda.
L’opportunité pour toute l’équipe de partager ses souvenirs liés aux nombreux titres de la franchise et de revenir sur ce qui fait d’elle une série aussi unique et mémorable.
J’avais commencé à célébrer cet anniversaire important il y a 15 jours, avec mon article dédié aux jeux vidéo indépendants inspirés par The Legend of Zelda. En plus des témoignages des créatrices et créateurs partagés dans ce dernier, vous avez également été nombreux à commenter ! Un grand merci ! Certains de ces commentaires sont d’ailleurs cités dans le podcast.
Veuillez trouver ci-dessous l’excellent court-métrage animé mentionné par Marc, où un tout petit Link se trimballe la Master Sword pour des aventures pleines d’humour.
Sans oublier, encore un peu plus bas, les photos prises dans la préfecture de Kyoto lors de l’escapade de Marc en “territoire Zelda” !
The Hyrule Fantasy est un superbe court-métrage 2D de 2mn10, réalisé par l’animateur et storyboard artist Ousmane CISSE.




Nicolas est revenu pour son TAKE sur une série culte des années 80 : Le Collège fou fou fou !
Une série que j’ai connu, sans doute comme beaucoup d’entre vous, lors de sa diffusion en France dans le Club Dorothée. Nico nous parle de cette série mais aussi de son (triste et) récent remake, sans oublier le manga originel : ハイスクール!奇面組, alias Hai Sukūru! Kimengumi, que l’on peut littéralement traduire par “Lycée! Le club des têtes cheloues”. Tout un programme, vous en conviendrez 🤣







Quant à moi, je vous parle dans mon TAKE d’un certain Dragon Quest VII: Reimagined, après 80 heures de jeu et l’avoir terminé à quasi-100% !

Je vous avoue que la sortie de ce remake fut une véritable fête pour moi, et j’ai passé un bon moment avec lui. Du coup, j’ai déjà consacré non pas un, mais DEUX articles au jeu, avec chacun un angle unique : sa direction artistique et… ses monstres ! Akira Toriyama forever !!



Bonus lecture, pour les anglophones ! Voici un lien vers l’excellent papier de notre ami Matt, qui vit au Japon et écrit régulièrement sur son blog à propos de jeu vidéo. Comme je le mentionne dans le podcast, cet article, titré Bloodborne and fading Memories, aborde nos mémoires défaillantes et les raisons pour lesquelles certains jeux s’oublient, tandis que d’autres restent à jamais gravés dans notre esprit.
Encore une newsletter à rallonge ! Si vous lisez ces mots, merci d’avoir été jusqu’au bout et voici un sondage en prime, juste pour vous : les courageuses et les courageux !
N’hésitez pas à réagir au contenu de cet épisode #63 du podcast dans les commentaires ci-dessous !
PS: Toutes les photos illustrant cet article ont été prises par mes soins à partir de versions commerciales Switch 2 des jeux Metroid Prime 4: Beyond et Dragon Quest VII: Reimagined. Idem pour la photo de The Legend of Zelda: A Link to the Past, prise sur la chaîne rétro SNES de mon abonnement Switch Online. L’image de la jaquette de Metroid Prime: Remastered est quant à elle tirée du site officiel de Nintendo Japon. Un grand merci à Marc pour le prêt de Metroid Prime 4, les photos de la région de Sonobe, et de quelques-unes de celles du Luida’s Bar !








Merci encore beaucoup pour votre émission. J’ai un peu de retard à rattraper sur les newsletters car j’étais en plein travail sur un dossier de financement pour l’un de mes prochains projets.
Les quarante ans de Zelda, c’est vraiment quelque chose !
Je vais pas vous faire l’historique de ma découverte des Zelda. En tant que fan de Sega, j’avais une Mega Drive… Je n’ai découvert Zelda que sur Game Boy, en mode portable, et je ne l’ai même pas fini à l’époque. Sur N64, j’avais les deux Zelda, mais je ne les ai pas faits car je les avais en version anglaise sur ma N64 japonaise.
C’est vraiment avec Wind Waker que j’ai découvert cette série, ou en tout cas que j’ai fini un jeu de la série. Depuis ce jeu, j’ai voulu tous les faire.
Tout comme vous, un soir avec mon beau-frère, après une projection cinéma d’un film sans grande importance, nous nous sommes posé la question : pour toi, ce serait quoi ta tier liste de Zelda, avec des arguments à l’appui et surtout avec des bières ^^.
Alors que mon beau-frère cite Breath of the Wild en premier, suivi d’Ocarina of Time et de peu de Link to the Past, moi je suis parti dans une autre direction : Link to the Past - Breath of the Wild, mais surtout Wind Waker en premier. Et cela pour plusieurs raisons.
Premièrement, je trouve que la direction artistique est encore plus maîtrisée. Il n’y a pas eu de perte graphique entre le teaser E3 et le jeu original, contrairement à BOTW qui, pour le coup, m’a déçu pour ça.
Deuxièmement, la promesse de Breath of the Wild, c’était d’être un jeu Wii U qui utilisait pleinement la manette. Car comme tous les Zelda, ils sont en fait des laboratoires pour Nintendo. Que ce soit sur DS et son utilisation du stylet sur la carte et les énigmes (le tampon… !) ou pour Skyward Sword, qui, de mon point de vue, est le meilleur jeu Motion Gaming de la console. Zelda a toujours pris des risques et a toujours été la vitrine de la console, la vitrine technologique. La transposition de BOTW sur Switch a coupé l’herbe sous le pied de la tablette.
J’ai été extrêmement déçu de ne pas pouvoir utiliser la tablette comme dans l’opus DS pour dessiner la carte et prendre des notes avec le stylet, plutôt qu’avec mon doigt. Cela aurait permis une précision bien supérieure, en exploitant pleinement le potentiel de la tablette. Je suis vraiment déçu.
La promesse technologique de Wind Waker à l’époque était de créer un dessin animé interactif, riche en émotions, avec une manette exceptionnelle (la meilleure manette au monde, la manette GameCube), une caméra libre et une liberté d’exploration quasiment jamais atteinte.
Troisièmement, le monde. Certes, le monde ouvert de Wind Waker est beaucoup plus petit que celui de Breath of the Wild, mais il semble infini. Lorsque l’on atteint le bord de la carte, on se téléporte de l’autre côté, comme si l’on se trouvait sur une sphère. À ce titre, le monde de Wind Waker me paraît infini. Cette découverte se fait en bateau, et c’est tout simplement incroyable. Je regrette seulement que les tempêtes ne soient pas plus intenses et que la vague d’Hokusai ne soit pas représentée en 3D.
Quatrièmement, un élément qui, selon moi, place Wind Waker au-dessus de Breath of the Wild est le rôle de Zelda. Certes, elle est présente dans Breath of the Wild et arrête Ganon, mais je la trouve finalement passive. Elle est beaucoup plus active dans Tears of the Kingdom, par exemple. Mais dans Wind Waker, elle fait partie intégrante de l’aventure. C’est une aventurière, on ne l’a pas enlevée, elle est même plus forte et plus intelligente que nous. C’est sa sœur qui est enlevée, et cette scène est empreinte d’une grande émotion et d’une fragilité touchante.
L’univers dans lequel se déroule l’histoire est incroyable. Nous sommes au-dessus d’Hyrule.
Dommage que ce concept n’ait pas été plus exploité dans ce jeu, un peu comme dans Zelda 3. On découvrait Hyrule sous l’eau, un peu à la manière de Bob l’éponge. La découverte de chaque île à la surface est un petit émerveillement.
Enfin, ce que je trouve l’argument massue, c’est l’accessibilité ! Un Zelda est fait pour les plus jeunes aussi. Breath of the Wild est compliqué à prendre en main. Le jeu utilise tous les boutons. Il n’est pas facilement accessible pour un enfant qui débute dans les jeux vidéo. Là où je trouve que Zelda 3 et Wind Waker sont des jeux accessibles, avec peu de boutons et des actions simples.
Souvenez-vous, dans Ocarina of Time, il n’y avait pas de saut pour simplifier la navigation en 3D comme dans Wind Waker. Beaucoup de déplacements se font automatiquement, le bateau par exemple, c’est le vent qui le dirige. Et avec cette manette, l’interface est super lisible et super accessible. Le bouton A, qui est le bouton le plus fort, est gros. Les boutons XY sont les armes. Du coup, si je vais faire découvrir un Zelda à mon fils de six ans, je ne suis pas sûre que je lui mettrai Breath of the Wild dans les mains. Il s’amuserait bien sûr à se balader, mais il ne vivrait pas l’aventure jusqu’au bout.
Vraiment, l’aventure version petit théâtre de marionnette à la Zelda Wind Waker est beaucoup plus accessible. En cela, les deux derniers Zelda sont plus destinés à un public à partir de 10/12 ans. Dans ce sens, je trouve que Wind Waker est plus juste car il correspond à la proposition de Nintendo de faire des jeux accessibles à tous, mais profonds en même temps.
Après, je vais quand même conclure en disant que c’est le premier Zelda que j’ai terminé en entier, donc forcément, c’est mon jeu de cœur, tout comme Mario 64, qui est pour moi le meilleur jeu de plateforme 3D au monde.
L’avenir de Zelda me laisse rêveur. J’adorerais une véritable suite à l’univers de Wind Waker, un jeu où l’on pourrait explorer plus loin en bateau et découvrir un véritable monde sous-marin mettant en avant les Zora. J’aimerais vraiment une cité sous-marine, un peu comme dans Star Wars, épisode I, quelque chose de unique, un monde où se déroulent des événements sous l’eau.
Nintendo pourrait nous surprendre avec un gameplay incroyable, un monde ouvert et sphérique qui utilise la carte de manière authentique, où l’on peut prendre des notes réelles au lieu de placer des drapeaux. Une interface où l’on peut prendre des photos, les annoter et les épingler serait également un plus.
Bien sûr, ce jeu devrait être accessible aux enfants, avec peut-être un mode deux joueurs à la Mario Odyssey pour les plus jeunes. Un tuteur pourrait contrôler une sorte de Nevy pour aider son enfant à progresser dans l’aventure. J’ai terminé Mario Odyssey de cette façon avec mon fils, et c’était un plaisir de rendre le jeu accessible aux plus jeunes tout en conservant un niveau de difficulté satisfaisant pour les plus anciens.
Ah, j’avais oublié de mentionner Zelda Four Swords sur GameCube, qui, à mon avis, est le meilleur jeu multijoueur de tous les temps. On y joue sur son grand écran avec des graphismes 2D magnifiques en HD, et lorsque l’on entre dans les grottes, on passe sur la GBA.
Merci beaucoup pour cet article ! Je parle anglais, mais j'espère pouvoir pratiquer mon français en lisant votre travail!