Histoire de (coop') canapé
Et de ma découverte du jeu UFO 50 avec mes "petits" neveux !

Le canapé est un objet assez unique, souvent aussi chargé en coussins qu’en valeurs positives.
Son importance n’est plus à prouver puisque c’est généralement autour de lui que l’on agence son salon. C’est aussi un objet synonyme d’hospitalité. Lorsqu’il n’accueille pas les postérieurs de nos ami(e)s et familles, il peut se transformer en lit d’appoint. Quand on y réfléchit il a toujours été là pour dépanner et partager, que ce soit son foyer, un apéro ou simplement une conversation. Le canapé garde ses bras ouverts, toujours prêt à accueillir de nouveaux invités.
Et puis un jour, le canapé trouva son âme sœur : la télévision. Et depuis, ils sont in-sé-pa-rables ! Le canapé s’oriente désormais face à elle, de manière à ce qu’ils ne se quittent jamais des yeux. Leur amour, aussi ardent soit-il, reste pourtant chaste. Ils gardent leurs distances ; loin des yeux mais pas du cœur.
Leurs personnalités sont pourtant très différentes. Le canapé est plutôt vieux jeu… Un vieux garçon diraient certains ! Il n’aime pas trop bouger, et n’a jamais vraiment cherché à évoluer avec son temps ou développer de nouvelles compétences. Il aime les traditions et son petit confort.
Tout le contraire de la télé en fait, qui elle s’est modernisée, émancipée, connectée à toujours plus d’appareils. Avide d’images sans cesse plus détaillées, elle a commencé par diffuser des chaînes télé qui se multiplient rapidement au même rythme que les antennes sur les toits, avant de passer aux cassettes VHS, aux DVD, aux Blu-ray, pour s’essayer à la 3D avant de se décider (plus ou moins) pour la 4K. Elle est toujours restée à la pointe de la technologie, au point de se transformer en méduse ; sa tête (toujours plus plate) s'hérissant progressivement de câbles. Des fils souvent connectés à d’étranges télécommandes dont la forme épouse le creux de nos mains…
Et ces manettes, qui s’émancipent vite de leurs cordons ombilicaux, donnent ENFIN naissance à ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de coop’ canapé ou couch co-op en anglais. Autrement dit, au jeu partagé à plusieurs, assis(es) sur un canapé qui se transforme le temps de quelques heures en ring, en arène, en course de relais (la manette passant de mains en mains), en scène de spectacle… bref en un endroit de communion autour du jeu vidéo.
Chaque année j’ai le plaisir de revenir en France l’été, le temps de quelques semaines, et je ramène dans mes valises des jeux (en boîte si possible !) que je découvre avec mes neveux, ou mon filleul et son petit frère.
Où ? Mais sur un canapé bien sûr ! Comment ne pas chérir cet objet autant que les moments qu’il héberge 😊

J’ai ainsi découvert ces dernières années, entre deux parties de Mario Kart, des jeux indépendants tels que Castaway ou Time Flies. Deux titres ayant la particularité d’être très courts, mais aussi de se jouer en solo. Parce que une option multijoueur n’est pas une nécessité pour apprécier un jeu à plusieurs ! Le canapé possède en effet le pouvoir de nous satisfaire de la place de spectateur.
Cette année j’ai pu découvrir avec mes neveux un jeu auquel j’ai envie de jouer depuis bien longtemps : UFO 50 ! Un jeu ou plutôt DES jeux puisqu’il n'en propose pas moins de 50. Yep… 50 !

UFO 50 réunit plusieurs “qualités canapé” (™ 😬). Il propose des jeux “courts” (enfin… oui et non, mais je vais m’expliquer tout de suite), nombreux, aux genres variés, et lorsqu’ils ne proposent pas de mode deux joueurs, ils se prêtent très bien au rituel du “passage de la manette”. Enfin, sa présentation s’avère aussi ludique que son concept, qui n’est rien moins que le rêve humide de tout fan de retrogaming.
Jouer à UFO 50, c’est en effet découvrir dans un carton un micro-ordinateur oublié des années 80 avec tout un tas de petites disquettes poussiéreuses.
Ces disquettes possèdent la particularité d’avoir toutes été développées et éditées par un studio aussi fictif que la (les) machine(s) qui les accueillent : UFOSoft. Je ne vais pas trop rentrer dans les détails ici, vu que je suis toujours en train de découvrir le jeu, mais le concept de cet éditeur oublié semble avoir été poussé très loin (suites, thèmes communs, easter eggs…) et devrait titiller la fibre nostalgique des vieilles et vieux briscard(e)s des années 8-bit !
En réalité, derrière UFOSoft se cachent six développeurs indépendants dont les plus connus sont sans doute Derek Yu (Spelunky) et Ojiro Fumoto (Downwell). Ils ont désigné seuls ou collaboré sur ces 50 jeux pendant presque 10 ans, chacun à leur rythme et avec des pauses fréquentes.
Le résultat n’est rien moins qu’exceptionnel, la cohérence de son contenu étant sans doute la plus surprenante de ses qualités.

Avec mes neveux on a choisi de découvrir ces jeux dans l’ordre chronologique de leurs sorties fictionnelles.
Notre première disquette fut ainsi celle de Barbuta, un jeu d’exploration / plates-formes à la difficulté brutale et aux contrôles tout ce qu’il y a de plus… rigides ! Castlevania-esque oserais-je dire ? (Je vous préviens tout de suite, ce ne sera pas le dernier de mes “-esques” !)
Entre le Goonies de Konami et Rick Dangerous, le jeu vous tue dès la première seconde. Comme ça le ton est donné !
Mais la difficulté à la mode die & retry, nécessitant réflexe et mémorisation, est l’excuse toute trouvée pour que la manette ne reste jamais trop longtemps entre les mêmes mains. Elle favorise aussi l’exploration libre, chaque joueur pouvant décider d’essayer un nouveau chemin ou de tenter d’aller plus loin que son infortuné et défunt prédécesseur.
Oui, les années 80 et l’approche encore résolument « arcade » de la difficulté conditionnent les parties « courtes » que je mentionnais plus haut, même si la durée de vie de ces jeux peut s’avérer être assez longue (voire très longue d’après ce que j’ai pu lire) !
Le second jeu s’appelle Bug Hunter et propose cette fois-ci un mode deux joueurs en versus.
On change aussi de style, avec un jeu de stratégie / puzzle au tour par tour où l’on doit parvenir à tuer 25 insectes extraterrestres avant que notre adversaire n’atteigne ce même bodycount. Bref, c’est la guerre avec option coup de Trafalgar lorsque l’on élimine l’autre joueur par le truchement du… « dommage collatéral » ?!
Bung Hunter fut aussi l’opportunité de constater que même à 7 ans on peut apprécier un genre aussi « lent » et complexe que la stratégie au tour par tour ! Un titre (et un genre) qui se prête très bien au « coaching » en mode conciliabule 😂
Le troisième jeu essayé, Ninpek, est le premier soft 100% coop’ de cette ludographie fictive.
“Sorti en 1983”, il propose de contrôler deux ninjas emportés par un auto-scrolling horizontal révélant des niveaux truffés de monstres aux patterns variés et plus ou moins imprévisibles. Là aussi les deux manettes tournent rapidement le jeu ayant une difficulté Ninja Gaiden-esque ! Carotte bonus : le tableau de scores, où le (ou les) joueur(s) les plus résistants pourront rentrer leurs initiales (j’ai ainsi découvert le pseudo “JV” de l’un de mes neveux) et gagner le droit de fanfaronner.
Paint Chase, pourtant jouable à deux en versus, n’a pas fait l’unanimité chez tous mes neveux. Il a donc réalisé une apparition éclair pour finir victime d’un zappage qui participe indéniablement au charme de cette compilation. On passe en effet d’un jeu à l’autre très rapidement, et leur grand nombre est une invitation à picorer !
Mélange entre Splatoon et Rally-X, Paint Chase propose un labyrinthe vu de dessus où deux véhicules tentent de peindre la plus grande surface possible dans sa couleur, en tirant parti des bonus disséminés un peu partout. De l’arcade eigties pur jus !
On reste dans le jus eighties avec le très bon Magic Garden, qui mélange Snake et… Puyo Puyo ? (au moins pour l’esthétique coloré et les slimes que l’on fait disparaître.)

Jeu solo, on dirige une jeune fille qui sitôt “lancée” ne s’arrête plus ! À vous de ne pas rentrer en collision avec les bords du niveau ou les slimes qui vous suivent, tout téléscopage étant synonyme de mort immédiate (et de passage de manette). Le but est de “récolter” des slimes qui vous suivent à la queue leu leu pour les déposer dans des zones étoilées qui ne cessent de changer de place (et de forme). Plus vous déposez de slimes en même temps, plus ils rapportent de points. Mais si vous les lâchez ailleurs que dans les zones dédiées, ils se transforment en ennemis ! Simple et ultra addictif.
Le jeu numéro 6 fut, je pense, l’un des grands gagnants de notre cession UFO 50. C’est sans doute aussi la raison pour laquelle on a fini notre après-midi de jeu sur canapé avec lui.

Mortol (c’est son nom), est un jeu de plates-formes coopératif où à chaque fois que l’on meurt, on laisse la place au joueur 2. Sauf que lorsqu’on meurt, le joueur suivant reprend là où son prédécesseur a trépassé, et qu’il est souvent NÉCESSAIRE de mourir pour que le joueur suivant progresse ! On peut ainsi décider de se sacrifier en se transformant en un bloc de pierre (qui servira à détruire des pics par exemple, à bloquer un “canon” ou à créer un escabeau), à exploser (histoire de dégager un passage) ou à foncer comme une flèche humaine à l’autre bout de l’écran pour s’enfoncer dans un mur (créant de cette douloureuse façon une plate-forme).
Mortol nécessite ainsi une véritable entraide, une communication permanente et un minimum de stratégie, puisque l’on dispose de 20 vies (morts ?) pour atteindre la sortie !

Je n’ai finalement joué qu’à 6 des 50 titres proposés par UFO 50, mais c’est déjà amplement suffisant pour dire que cette compilation faussement “rétro” (mais réellement néo-rétro), est une pépite. Plus de la moitié des jeux étant jouables à deux (en coop’ ou en versus), cette compilation se prête très bien au “canapé coop’” et au plaisir de la découverte à plusieurs. Ces disquettes poussiéreuses trouvées dans un carton contenant des jeux oubliés par l’histoire du jeu vidéo sont évidemment sans manuel. Et s’ils comportent parfois les tutoriels minimalistes des jeux développés dans les années 80, il faudra souvent comprendre comment y jouer à force d’expériences et de tentatives, mais aussi de discussions… sur canapé !
J’ai hâte de m’y remettre et j’espère que mes petits neveux prendront plaisir à découvrir ensemble les 44 jeux restants. Avec un peu de chance, il leur en restera même quelques-uns à découvrir avec moi d’ici la fin de mon séjour en France !
Je vous souhaite à toutes et à tous un été plein de moments “canapé coop’” !
PS : Toutes les images de UFO 50 (ainsi que celles de Mario Kart 8 Deluxe, Time Flies et Castaway) ont été capturées à partir d’une version commerciale (et physique !) du jeu sur Switch. L’artwork du jeu et le trombinoscope pixel art ont été récupérés sur le site officiel du jeu.








Je m’attendais à un wario ware mais les jeux ont l’air effectivement plus consistants. Le côté coop local est une de mes priorités, c’est tellement plus convivial.
Ps: j’écris depuis mon canapé 🤣
Le concept d'UFO 50 est assez maboule. On a vraiment cette sensation de tomber sur une boîte de vieux jeux avec "à boire et à manger". Bien que certains titres nous laissent de marbre, d'autres sont absolument incroyables.
Je conseille FORTEMENT Bushido Ball. Un Pong/Windjammers revisité. Une merveille de coop ou solo.
Et alors un autre sur lequel je ne m'attendais pas à passer qq heures, Night Manor. Un point and click qui possède une ambiance de fou (Avec plusieurs fins !)
Vraiment énorme coup de coeur.