Ultraman fête ses 60 ans !
C'est un peu le papi des superhéros japonais en fait. Et il s'expose en ce moment à Tokyo sous des formes étonnantes.

J’adore Ultraman, et pourtant c’est un personnage que je connais finalement assez peu. Mais au Japon… il est PARTOUT !
J’ai vu le sympathique film d’animation de 2024 Ultraman: Rising sur Netflix, où Ultraman s’occupe d’un bébé kaiju, ainsi que le film Shin Ultraman réalisé en 2022 par Shinji Higuchi et co-produit par Hideaki Anno (le même duo que pour Shin Godzilla), sans oublier des épisodes à droite et à gauche de diverses séries, dont l’originale de 1966.
En revanche, je connais plutôt bien un certain Godzilla, auquel j’ai même consacré un article ici. Ces deux personnages cultes, adorés des enfants japonais (les petits comme les grands), partagent en effet le même ADN, celui d’un certain Eiji Tsuburaya.
Appelé “le père du tokusatsu1”, il est devenu un spécialiste des effets spéciaux et contribua à près de 250 films dans sa vie. Né en 1901 et décédé en 1970, il fut ainsi amené à créer avec Ishirō Honda le personnage et les effets spéciaux du premier film Godzilla de 1954. Et après, les combats de monstres géants et autres super-héros (géants aussi) sont devenus sa spécialité !

Eiji Tsuburaya bosse sur une tonne de kaiju eiga (films de monstres géants) mais aussi sur de nombreux films (historiques, fantastiques, etc.) nécessitant des effets spéciaux. Il finit par créér sa boîte de production en 1963, et c'est avec elle qu'il développe la série TV Ultra Q en 1966, qui sera suivie de Ultraman la même année.
Cette dernière convertit toute une génération aux poses kime (決めポーズ), soit les "poses qui en jettent" ou “signature moves”, ultra classes, du (super-)héros, comme les bras croisés devant lui avec les mains qui forment un L ! Pose qui précède l'une des plus fameuses attaques d'Ultraman : le Spacium Beam (スペシウム光線) !


La première série Ultraman suit les aventures d’une sympathique équipe de héros appartenant à la Patrouille scientifique, dont la mission est de protéger la Terre des invasions extraterrestres. Parmi ses membres se trouve Hayata, qui a hérité du pouvoir des Ultra, une race d’aliens géants (venue de la Nébuleuse M78), après avoir fusionné avec l’un d’eux avant qu’il ne meurt.
Le héros humain peut ainsi se transformer en Ultraman pendant quelques minutes à l’aide de divers appareils (le Beta Capsule dans la série de 1966), soit un géant de 40 mètres habillé d’une combinaison moulante rouge et grise (les dernières itérations du super-héros sont plus “mécaniques”), avec une tête d’insecte robot dénuée d’expressions, aux globuleux yeux en amande blancs / jaunes.
Décrit comme ça il a l’air de faire peur, mais pas du tout. Ultraman est la classe incarnée.



Lorsqu’il se transforme en Ultraman, soit un géant haut comme un immeuble d’une douzaine d’étages, il ne dispose (dans la série de 1966) que de quelques minutes pour venir à bout de l’autre grande attraction de la série : ses monstres !
Ces derniers sont représentés à l’écran par des acteurs costumés, à la manière des films Godzilla, et sont autant les stars de la série que son héros.
Que ce soit Godzilla, Gamera, Kamen Rider ou Ultraman, ce qui distinguent ces séries c’est l’inventivité dont elles font preuve pour présenter à chaque épisode un nouveau design de monstre avec ses capacités et attaques uniques, voire carrément toute une stratégie d’attaque dans le cas des aliens Baltan.


Honnêtement, c'est un peu bête, mais je vous avoue que je suis hyper content de pouvoir partager avec vous ces photos de l'exposition 60 ans d’Ultraman ! Je les adore. Comme j'adore le design de ces monstres japonais, sans lesquels nous n'aurions pas des jeux vidéo comme Mega Man, The Wonderful 101, Viewtiful Joe, voire carrément Pokemon.
La culture du monstre est si fortement ancrée dans le folklore japonais (les yōkai !), qu’elle imprègne toute la pop culture made in Japan, telle la gigantesque empreinte d’un kaiju.
Il n'est pas possible de faire du shopping à Tokyo sans tomber sur une tonne de figurines reprenant ces monstres et les super-héros qui les ont combattus sur le petit écran. Ils sont partout, et il est difficile de ne pas s'empêcher de sourire en les apercevant.




Si vous souhaitez en savoir plus sur ces oeuvres et en découvrir quelques autres en plus, le site officiel de l’expo SHUWATCH With U fait office de catalogue et propose une description encore plus détaillée des oeuvres présentées, ainsi qu’un court portrait des différents artistes exposés.
J’espère que cette petite promenade au milieu de toutes ces interprétations d’un des héros les plus connus du Japon vous aura plus autant qu’à moi ! Et si vous voulez avoir une idée plus précise du nombre HALLUCINANT de jouets et autres goodies Ultraman qui existe au Japon, jetez un oeil à ce site, c’est fou !
PS : Toutes ces photos ont été prises par mes soins dans le cadre de l’exposition SHUWATCH with U qui se tient jusqu’au 3 août dans l’immeuble PARCO de Shibuya. L’affiche de Shin Ultraman vient de son site officiel japonais, celle de Ultraman: Rising du site ILM, et celle du tournage de Godzilla de la page Wikipedia de Eiji Tsuburaya.
Tokusatsu (特撮) signifie littéralement : images spéciales. Pour la faire simple, c’est le nom donné à un genre qui englobe toutes les séries et films japonais à effets spéciaux qui mettent généralement en scène des super-héros (comme Ultraman) ou des monstres (comme Godzilla).





