Les pixels illuminent à nouveau Kyoto !
Pour cette newsletter brûlante, écrite à l'issue de la première journée du BitSummit, on se focalise sur City of None, le nouveau jeu du co-créateur de Celeste (interviewé ici).

De retour au BitSummit ❤️ pour dévorer du pixel à pleines dents et faire suffisamment de provisions pour de multiples Bento ! En voici une première bouchée…
En apprenant via le compte Bluesky de Noel Berry - co-créateur de Celeste (aux côtés de Maddy Thorson) - qu’il allait venir au BitSummit pour présenter sur un coin de table son prochain jeu, autant vous dire que j’ai pris soin de foncer direct l’essayer aussitôt arrivé sur le salon !
Officiellement annoncé depuis à peine un mois, City of None a tout pour plaire aux amoureuses et aux amoureux de pixels et de jeux d’exploration craftés avec amour.
Après avoir trépigné d'impatience en regardant quelqu'un y jouer (un petit malin m’avait devancé…), j'ai ENFIN pu le prendre moi-même en mains 20 petites minutes (le temps chronométré de la démo).
Et le plaisir était là, indéniable.
City of None est exactement le jeu que j'attendais, un mélange de plates-formes (aux contrôles précis), d'action (épée à la main), d'aventure (interactions avec des PNJ…), de puzzle aussi (oui, il y aura bien des blocs à pousser, mais pas que !), avec une énorme dimension "exploration".

Ce monde m’a immédiatement fait songer à celui de Hollow Knight (sans doute l’une des raisons de mon attirance immédiate). Là aussi, on y dirige une silhouette plus qu’un personnage, qui se déplace dans des grottes humides et les ruines d’une cité au coeur desquelles évoluent de mystérieuses créatures (déchues ? corrompues ?) souvent bien mal intentionnées. Entre les murs de cette cité, que l’on réveille parfois en agitant des cloches, se cachent aussi, par bonheur, de potentiels alliés…
Un monde étrange, à la beauté pixelisée des plus singulières.
J’ai bien sûr profité de sa présence à Kyoto pour poser une poignée de questions à Noel Berry, qui nous révèle sa principale inspiration et le désir qui a propulsé ce nouveau projet, développé conjointement avec son frère Liam.
Mon frère et moi avons toujours souhaité faire un jeu dans la veine de Cave Story. Ce titre est un peu la raison pour laquelle j’ai commencé à vouloir créer des jeux vidéo. Je l’adore vraiment… énormément en fait. Depuis toujours, enfin… depuis notre adolescence, Liam et moi avons rêvé de créer un jeu de plates-formes / exploration. Un jeu avec du combat, mais surtout beaucoup d’exploration. Alors si City of None ne ressemble finalement pas tant que ça à Cave Story, il reste malgré l’étincelle de départ. C’est la réalisation du jeu que j’ai toujours voulu faire.

Comme tout bon jeu d’aventure, City of None laisse une belle autonomie aux joueuses et aux joueurs pour leur permettre de comprendre et s’approprier à leur rythme les mécaniques de jeu, à force de tâtonnements et d’expérimentations. Une approche qui m’a rappelé d’autres titres qui accordent une importance toute particulière aux puzzles, comme ElecHead et Öoo du développeur NamaTakahashi, dont la simple évocation à tout de suite illuminé le visage de Noel.
J’aime beaucoup son travail, il est très bon ! J’ai joué (à Öoo) dès qu’il est sorti ! Je l’ai beaucoup apprécié, je trouve son design excellent. Je suis impatient de savoir ce qu’il va faire après, parce que ses deux derniers jeux sont vraiment soignés.
Mais City of None, tient à préciser Noel, se rapproche finalement bien plus d’un jeu d’aventure à la The Legend of Zelda que d’un “knowledge-vania“ où l’on découvre au fil de sa partie des “pouvoirs” que l’on a toujours possédé. La progression reposera en effet beaucoup sur l’obtention d’objets particuliers, qui débloqueront de nouvelles possibilités en termes de navigation. Sachez simplement que l’on peut sauter de mur en mur (wall-jump) dès le départ et qu’il devrait être possible d’utiliser certaines techniques (secrètes ?) dédiées aux speedrunners !
City of None surprend aussi par le minimalisme atypique de ses graphismes. Car la direction artistique du jeu, aussi avare soit-elle en couleurs, s’avère étonnamment vibrante et éblouit par ses effets de lumière impromptus. La palette de couleurs peut ainsi changer du tout au tout en quelques secondes, comme si l’on levait un rideau de pixels pour révéler un nouveau décor.
L’effet est assez saisissant.
Je me considère plus comme un programmeur, mais j'aime énormément le pixel art. Alors quand j'ai commencé à travailler sur ce jeu j'ai choisi un style qui me permettrait de m'exprimer pleinement, mais aussi d'explorer en minimisant les risques, tout en m’offrant l’opportunité de m'améliorer encore… En termes de limitations j'ai décidé de n'utiliser que quatre couleurs, parce que je considère que la contrainte favorise l'expression créative.
Ce pixel art “quatre couleurs” m'a permis de créer un espace de création vraiment fun… Et à cause de la façon dont la programmation fonctionne avec les lumières et les shaders, j'ai pu facilement commencer à ajouter des couches de lumières et de dégradés. Et c’est le fait que je n'utilise que quatre couleurs qui permet d’obtenir des variations et des effets aussi dynamiques.
Bon, il est plus que temps d'aller dormir quelques heures afin d’être suffisamment au taquet demain pour une nouvelle (grosse) journée de BitSummit !
Cette newsletter n'était qu'un petit amuse-bouche sorti tout chaud du four kyotoïte et plein d'autres choses (et de surprises) sont prévues dans les prochains jours et semaines qui viennent.
PS : Toutes les images illustrant cet article sont issues du site officiel de City of None. Le screenshot de Cave Story est quant à lui tiré de sa page wikipédia et l’interview de Noel Berry a été réalisée aujourd’hui sur le BitSummit et traduite de l’anglais par mes soins. Un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse ! Merci aussi à Axel - l’ingénieur son du podcast Pixel Bento - pour son aide précieuse sur le BitSummit.






Ces images m'ont fait pensé à Animal Well, mais je pense que c'est simplement parce que je viens de le faire. Mais il semble y avoir quelques similitudes. Et tu cites zelda en plus . Je me le garde dans un coin de ma tête. Merci pour la découverte !