0% spoil, 100% gore !
Ceci n'est pas une critique de Resident Evil Requiem, mais un BAIN DE SANG ! đ±

Je dois bien admettre que les jeux âdâhorreurâ, ce nâest plus trop mon truc. Comme les films dâailleursâŠ
Alors je ne sais pas trop pourquoi. LâĂąge peut ĂȘtre ? Le fait quâil suffise de jeter un oeil distrait Ă lâactualitĂ© pour faire le plein de terreur pour deux vies et vider aussi sec sa jauge de sanitĂ© ?
En revanche, je suis toujours aussi sensible au mélange horreur / humour.
Mon affinitĂ© pour les splatter movies (les films qui tĂąchent !) avec un gros penchant pour le burlesque peut aisĂ©ment ĂȘtre retracĂ©e Ă deux classiques : Evil Dead II de Sam Raimi en 1987 et le Braindead de Peter Jackson en 92. Deux films dâhorreur aussi hilarants, quâincroyablement gore, qui font un usage absolument immodĂ©rĂ© de faux sang (mĂ©lange de colorant alimentaire et de sirop de maĂŻs) pour littĂ©ralement doucher ses actrices et ses acteurs (façon Carrie), sans oublier de nous faire dĂ©coller de nos fauteuils de cinĂ©ma Ă la faveur dâun jump scare.
Rien que pour la scĂšne de Braindead oĂč le hĂ©ros rĂ©duit en bouillie une horde de zombis Ă lâaide dâune tondeuse Ă gazon (!), Peter Jackson aurait utilisĂ© 300 litres de faux sang !

C'est un peu la sensation que j'ai eu en jouant Ă Resident Evil Requiem, celle d'une Ă©quipe de dĂ©veloppement ayant sous la main des barils de faux sang et la dĂ©termination de les vider jusqu'Ă la derniĂšre goutte sur la tĂȘte de ses "joueurs / acteurs" !
Je me suis donc fait doucher par Requiem. Et jâen suis ressorti dâautant plus âtrempĂ©â que cela faisait bien (trop) longtemps que je nâavais pas jouĂ© Ă un Resident Evil.
En fait, je nâavais plus donnĂ© sa chance Ă la sĂ©rie depuis 2012 et la sortie de Revelations sur 3DS. Jâai ainsi abordĂ© Requiem armĂ© dâune batterie de vieux souvenirs et remontĂ© Ă bloc par le truchement de lâenthousiasme communicatif de mes amis fans de la saga Capcom.
Au moment oĂč jâĂ©cris ces lignes, je nâai toujours pas fini le jeu. Pourquoi ? Tout simplement parce que je vais Ă 2 Ă lâheure.
Moi qui est passĂ© 60% de mon temps de jeu dans Alien: Isolation cachĂ© Ă lâintĂ©rieur de casiers, je peux vous ASSURER que je ne coure pas dans Requiem vu les horreurs qui traĂźnent dans ses couloirs !

Mais lĂ oĂč Resident Evil Requiem mâa refait basculer dans le camp des fans hardcore de la sĂ©rie, câest en redĂ©couvrant avec dĂ©lice son amour pour lâabsurde, le second degrĂ© et lâoutrance la plus absolue dans son approche de lâhorreur. On parle tout de mĂȘme dâun jeu avec des coffres magiques oĂč les objets se tĂ©lĂ©portent dâun endroit Ă un autre comme par magie, et oĂč il est tout a fait normal (et bien vu) de se soigner en mĂ©langeant trois fougĂšres en pot.
Dans ce nouveau volet, on pourra également croiser la route d'une tronçonneuse animée d'une vie propre !
Non contente d'ĂȘtre logiquement encline au friendly damage lorsqu'elle manipulĂ©e par des zombis aux mouvements un tantinet dĂ©sarticulĂ©s, une fois tombĂ©e sur le sol - encore accrochĂ©e Ă un bras coupĂ© ou non - elle exĂ©cutera une gigue tout aussi dangereuse et imprĂ©visible. Le jeu ne rechigne jamais Ă mettre Ă profit une opportunitĂ© de gag visuel s'il peut conduire Ă quelques bonnes giclĂ©es de sang !

Câest aussi un jeu oĂč ses deux hĂ©ros ne pouvaient pas ĂȘtre plus diffĂ©rents lâun de lâautre. Grace est une jeune recrue du FBI, victime dâun trauma alors quâelle Ă©tait adolescente, qui survit tant bien que mal, en mode furtif, en endossant le rĂŽle dâun MacGyver Ă la sauce Dracula !
Tandis que LĂ©on - le fameux, hĂ©ros emblĂ©matique de la sĂ©rie apparu dans Resident Evil 2 sur PlayStation - est un baroudeur de lâhorreur, aussi Ă lâaise avec une machette, une version surboostĂ©e du â.44 Magnumâ de lâInspecteur Harry, que la tronçonneuse de Ash. Un survivant, comme Grace, le coup de pied retournĂ© et les blagues de quinqua en prime !
Passer de lâun Ă lâautre, revient Ă basculer de Massacre Ă la Tronçonneuse Ă Evil Dead II. Non content de changer de perspective (vue subjective pour Grace, vue Ă la 3Ăšme personne pour LĂ©on, mĂȘme si le choix final vous revient), Requiem sâamuse Ă rĂ©guliĂšrement briser le rythme et le ton du jeu. Je pense que la rĂ©action (Ă©pidermique) qui dĂ©finit le mieux notre expĂ©rience en tant que joueuse ou que joueur, est celle du âah ouais quand mĂȘme !!â lĂąchĂ© suite Ă une sĂ©quence joyeusement gore, entre la surprise matinĂ©e de dĂ©goĂ»t et lâamusement complice.
On passe ainsi rĂ©guliĂšrement du calme olympien dâun LĂ©on Ă la lisiĂšre de la psychopathie, qui aiguise sa machette entre deux saucissonnages de zombis, au stress communicatif de Grace. Saluons ici lâincroyable performance des actrices, le visage dâAngela SantâAlbano comme les voix des doubleuses (Shihori Kanjiya pour la version japonaise) Ă©tant dignes dâune Jamie Lee Curtis dans Halloween !

Avec Resident Evil Requiem, Capcom sâimpose comme un vĂ©ritable funambule de lâĂ©pouvante. Entre deux grands Ă©clats de rire dĂ©goĂ»tĂ©, on se surprend Ă serrer les fesses sur son canapĂ©, ce 9Ăšme volet jouant habilement des codes de la sĂ©rie, mais aussi de son tempo et de son ambiance sonore, pour nous maintenir en tension.
Et par son approche dĂ©complexĂ©e de lâhorreur, Ă la limite de la parodie, il sâaffirme comme un descendant des oeuvres de jeunesse de Sam Raimi et Peter Jackson. Tout aussi âgraphiqueâ - dans le sens âbien bien sanglantâ - quâun Evil Dead II, il nâhĂ©site pas Ă multiplier les coups de coudes complices aux joueuses et aux joueurs, et fait montre dâune mĂȘme maestria dans sa rĂ©alisation et son utilisation des dĂ©cors.
On retrouve mĂȘme le cĂŽtĂ© bravache et si dĂ©licieusement 1er degrĂ© des films dâaction des annĂ©es 80, grĂące aux sĂ©quences dâaction over the top de lâami LĂ©on, qui revĂȘt une nouvelle fois le costume de hĂ©ros qui lui va si bien, sans jamais perdre son humour et sa âcoolattitudeâ.
C'est la raison pour laquelle je me retrouve aujourd'hui, 30 ans aprĂšs ma dĂ©couverte du premier Resident Evil en 96, Ă me dire que je devrais peut-ĂȘtre jouer au 7 et au 8⊠aprĂšs avoir terminĂ© une seconde fois ce formidable Requiem !
Le chemin parcouru par lâindustrie du jeu vidĂ©o - alors mĂȘme que ses Ă©quipes crĂ©atives sont aujourdâhui poignardĂ©es dans le dos par le capitalisme - a de quoi laisser pantois⊠Resident Evil est sorti la mĂȘme annĂ©e que Super Mario 64, Quake et Crash Bandicoot, lorsque les Ă©quipes de dĂ©veloppement se dĂ©menaient tant que bien que mal pour tenter dâapprivoiser la 3D. Et nous voilĂ 30 ans plus tard, Ă retenir notre souffle dans des environnements photo-rĂ©alistes, au contrĂŽle de personnages dont les yeux semblent habitĂ©s par de vĂ©ritables Ă©motions.
Maintenant je n'ai qu'une hùte : enregistrer au plus vite le prochain podcast Pixel Bento pour parler de Resident Evil Requiem en détails avec mes amis Marc et Nicolas. Préparez-vous pour un Bento saupoudré de T-Virus !
N'hĂ©sitez pas Ă partager vos souvenirs de la sĂ©rie Resident Evil dans les commentaires ci-dessous đ
PS : Toutes ces images ont été capturées par mes soins à partir d'un code PS5 de Resident Evil Requiem fourni par Capcom. Le visuel de Evil Dead II est tiré de sa page IMDB.





Haha, Braindead, ya que les vieux comme nous qui connaissons ce super film dĂ©jantĂ©. C'est marrant que tu parles evil dead 2 plutĂŽt que du 3 pour le cĂŽtĂ© humour. Je n'avais pas souvenir que le 2 faisait dans le grotesque. A revoir Ă l'occasion alors. D'ailleurs, as-tu vu la sĂ©rie evil dead qui Ă©tait dans la mĂȘme veine? J'avais adorĂ©.
Tu n'es pas le seul Ă avoir avancer Ă 2 Ă l'heure! Ce jeu m'a foutu la frousse, une dĂ©licieuse frousse. J'avais fait tous les RE de l'Ăšre PS1, puis Veronica sur Dreamcast. Et le 4 sur Gamecube, qui m'avait un peu fĂąchĂ© avec la franchise par son surplus d'action(et les corbeaux qui donnent des cartouchesđ€Ł) qui pour moi faisait s'Ă©loigner le jeu de sa ligne survival/horror. L'Ă©pisode revelations sur 3DS Ă©tait mon avant dernier jeu de la sĂ©rie en date et m'avait laissĂ© un bon souvenir. Puis rien pendant des annĂ©es, la demo du 6 m'ayant refroidi en moins de 30 min. Enfin j'ai fait le RĂ©vĂ©lations 2 avec un pote en coop juste avant de faire le 9.
Et ce Requiem, quel jeu! C'est un peu le Sonic Generations de la franchise, il renoue avec les diffĂ©rents types de gameplay de la sĂ©rie: l'action avec LĂ©on, la survie et l'horreur avec GrĂące. Et on ne s'ennuie pas un instant, le jeu est Ă©poustouflant visuellement, le sound design et l'ambiance sonore sont gĂ©niaux( j'espĂšre que toi aussi tu as jouĂ© au casque et dans le noir), le bestiaire est salement horrifique. On se laisse prendre par un scĂ©nario au service d'une nostalgie prĂ©sente tout au long du jeu, on est en terrain connu, les clins d'Ćil sont dissĂ©minĂ©s avec amour tout au long de l'aventure. J'ai surtout aimĂ© avoir peur avec GrĂące, mĂȘme si les phases de LĂ©on sont relativement agrĂ©ables dans l'ensemble. La franchise embrasse ses origines nanardesques et c'est trĂšs plaisant, tout en ayant des passages sĂ©rieux et Ă©mouvants.
J'ai dévoré ce Requiem comme un zombi sur la table d'un festin morbide.
Et l'envie de dĂ©couvrir les Ă©pisodes 7 et 8 se fait sentir. En attendant, je relance le 1er sur ma PlayStation Classic pour dĂ©guster un dĂ©licieux "Jill sandwich" đ